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samedi, 19 janvier 2019 13:31

Plongée et échanges hydriques. Séminaire annuel de la commission médicale et de prévention. Hôpital Pitié Salpétrière Janvier 2019

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Plus de 85 médecins fédéraux étaient présents à la réunion de la Commission Médicale Nationale sous égide fédérale et de la Présidente de CMPN, Le Docteur Anne Henckes.

Entre autres thèmes, le Professeur Jacques Regnard, de la Société Française de médecine subaquatique et hyperbare, MEDSUBHYP, a évoqué le sujet des échanges hydriques en plongée.

Au cours de l’immersion : 

L’effet de la pression sur le corps et sur les membres inférieurs refoulent les volumes liquidiens de l'organisme vers le thorax.

Cela se traduit par une redirection des volumes sanguins, vers la rate, le thorax, le cœur.

L'augmentation du retour veineux qui en découle va augmenter la pression intravasculaire (hypervolémie), la pression transmurale thoracique, la distension du cœur et des vaisseaux thoraciques. 

Cela aboutissant à une augmentation de l’activité cardiaque du ventricule gauche et à un retentissement sur la mécanique ventilatoire.

Les tissus peuvent être assimilés à des éponges de textures différentes qui vont réagir différemment au niveau d’hydratation, à la pression hydrostatique, à la durée d'exposition à celle-ci, à sa hausse puis à sa baisse.

L'immersion de la plongée provoque une réponse diurétique (action du rein d'éliminer de l'eau) lente et prolongée que l’on retrouve au-delà de la fin de la plongée.

Les modifications neurovégétatives en immersion vont amener à une augmentation de la filtration rénale pour corriger l'hypervolémie ; cette filtration augmente à 6 ml par minute contre 1,5 ml par minute en milieu aérien.

Il faut tenir compte de la compression par le vêtement isothermique et par le type de néoprène :

Cet effet est notable près de la surface. En profondeur, la compression du vêtement se fond avec la pression du milieu ambiant.

La perte de masse est 4 à 5 fois plus importante ; en 4H dans l'eau, la perte d'eau peut être évaluée à un kilogramme, à 2,2 kilogrammes en 6 heures.

Après immersion :

Les tissus récupèrent leurs volumes liquidiens (les éponges se regonflent)

La diminution de pression fait passer d’un état d’hypervolémie à un état d’hypovolémie.

Le débit urinaire augmente et reste élevé longtemps après la sortie de l'eau 

La baisse de perfusion tissulaire entraine un ralentissement de dégazage. Celui-ci est d’autant plus marqué en cas de plongées successives. Cela explique en partie la survenue d'accidents retardés.

La stabilisation du volume plasmatique va elle s'effectuer en quelques heures.

On peut compenser cette baisse hydrique et hypovolémique en n'enlevant pas de suite son bas de combinaison.

Cette diminution du volume d'eau se poursuit bien après la plongée, entrainant une baisse du débit sanguin.

Il faut compter 6 à 12 heures pour retrouver un équilibre hydrique normal après la plongée. 

En milieu froid : 

On constate une augmentation de la perte hydrique.

L’activité physique :

Augmente aussi la perte hydrique par augmentation de la diurèse. 

Ce qu'il faut retenir en pratique de plongée : 

  1. Avant de plonger, il faut s'hydrater mais rien ne sert de boire en trop grande quantité.
  2. Après la plongée, la diurèse est perturbée et se prolonge : il faut dont s'hydrater régulièrement et longtemps après la sortie de l'eau et entre les plongées.
  3. En fin de plongée, ne pas enlever trop rapidement son bas de combinaison, celle-ci compensant la perte volumique par phénomène de contention sur les membres inférieurs.
  4. Les échanges hydriques ne sont qu'un des paramètres hémodynamiques en série avec le système cardio vasculaire.
  5. Une bonne condition physique est l'élément principal pour pratiquer la plongée.

 

 

 

 

 

 

 

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JEAN PIERRE PHAM VAN

Médecin Fédéral - Président de la commission Médicale et Prévention Pyrénées-Méditerranée

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